Chine Japon : Incident entre patrouilleurs chinois et garde-côtes japonais

(Tokyo) – 11/07/2012 – Les garde-côtes japonais ont accusé mercredi trois patrouilleurs chinois d’être entrés dans les eaux territoriales nippones, à proximité d’îlots de mer de Chine orientale revendiqués par Beijing et Tokyo.

Les trois navires chinois se sont approchés de ces îles, appelées Senkaku en japonais et Diaoyu en chinois, tôt mercredi matin, après avoir été repérés par un bateau des garde-côtes nippons, ont précisé ces derniers.

Identifiés par les garde-côtes comme les Yuzheng 202, Yuzheng 204 et Yuzheng 35001, les navires chinois ont dans un premier temps refusé d’obtempérer à l’ordre des garde-côtes de quitter la zone.

« Nous opérons dans des eaux chinoises. Ne vous en mêlez pas. Quittez les eaux territoriales chinoises », ont lancé les équipages chinois aux garde-côtes nippons.

Quelques heures plus tard, les patrouilleurs chinois ont toutefois quitté la zone considérée par les Japonais comme faisant partie de leurs eaux territoriales, tout en continuant de croiser non loin.

Le ministère japonais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur chinois à Tokyo pour protester, a indiqué le porte-parole du gouvernement nippon, Osamu Fujimura.

« Historiquement et légalement, il est clair que les Senkaku font partie intégrante du territoire du Japon », a-t-il précisé.

Cette nouvelle péripétie intervient quatre jours après que le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a annoncé un projet gouvernemental de nationalisation de ces îlots inhabités, administrés par le Japon mais revendiqués par la Chine ainsi que par Taïwan.

Selon le quotidien nippon Asahi Shimbun, le gouvernement, qui veut renforcer son contrôle sur ces îles en les achetant, espère parachever la transaction d’ici à la fin de l’année avec leur propriétaire privé, la famille nippone Kurihara.

Le projet porte sur l’achat de trois des îlots de la chaîne des Senkaku, dont le plus grand, Uotsuri.

Le gouvernement chinois a réagi dès samedi, soulignant que le Japon n’avait pas le droit d’acheter ces îles.

Le gouvernement chinois va continuer de prendre les mesures nécessaires à la sauvegarde des droits souverains des îles Diaoyu et des îlots adjacents, a prévenu le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Weimin, cité par l’agence de presse chinoise Xinhua.

Les îles Diaoyu et les îlots adjacents font partie intégrante du territoire chinois depuis les temps anciens, a-t-il martelé.

Ces îlots sont entourés d’eaux très poissonneuses et les fonds marins environnant pourraient renfermer des hydrocarbures.

Le 8 septembre 2010, l’arrestation du capitaine d’un chalutier chinois à la suite d’une collision avec un navire des garde-côtes nippons près de ces îles avait provoqué une grave crise diplomatique.

Devant le déferlement de protestations, de menaces et de représailles de la Chine, les autorités japonaises avaient finalement relâché le pêcheur deux semaines plus tard.

20120711-081646 AM.jpg

Tags: affaire, asahi shimbun, gouvernement chinois, île, îlot, mercredi matin, osamu fujimura, rip tie, Senkaku, temps